Thématique :
Ecologie

L’urgence de la transition écologique revêt des dimensions éminemment culturelles en ce sens où elle appelle à une transformation de nos pratiques, façons de penser et relations avec le « vivant ».

Si elle est du ressort, en partie, de la prise en compte de constats scientifiques concrets et de la mise en œuvre de politiques publiques plus adaptées, elle ne peut qu’être également la résultante, pour être efficiente, d’une dynamique ascendante. Elle ne peut faire l’économie d’intégrer en son sein une intention claire de justice sociale. En ce sens, elle peut et doit s’appuyer sur des principes de solidarités et intégrer une dimension citoyenne.

Une éthique écologique ne peut être ainsi dissociée d’une éthique démocratique et sociale où se croisent droit du vivant  et droits humains fondamentaux, à l’instar des droits culturels des personnes qui constituent une des clés de ces changements de paradigmes.

Repères

Pour l’UFISC et ses membres, l’écologie constitue un axe de travail incontournable et transversal, qui ne peut qu’être articulé avec la défense de la diversité culturelle et des droits fondamentaux.

La bifurcation écologique appelle à une transformation de nos modes de faire à travers la défense de :

  • Une écologie systémique qui pense l’évolution des modes de vie ;
  • Une écologie articulée à la justice sociale et qui construit des solidarités contre les inégalités sociales, territoriales, … ;
  • Une écologie d’intérêt général décidée avec les personnes dans un cadre démocratique.

Le champ culturel et artistique est majoritairement constitué de très petites, petites et moyennes entreprises, qui sont progressivement sensibilisées à la nécessité de la transition écologique. Beaucoup de ces structures culturelles, ancrées dans l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), tentent de mettre en place des pratiques écoresponsables depuis plusieurs années, en adoptant des modes sobres et en s’appuyant sur un ancrage territorial, qui résultent aussi de la contrainte et de la modestie de leurs moyens.

Toutefois, l’exigence de la transformation écologique bouleverse les équilibres de ces structures fragiles et génère des effets directs et indirects sur ce tissu socio-économique. Elle remet en cause les modalités de fonctionnement dans les chaines de valeur (organisation des programmations et activités culturelles, relations aux prestataires, éco-conditionnalité des politiques publiques, gestion du fonctionnement, coûts énergétiques, etc.). Elle oblige les structures à trouver des solutions pour disposer des moyens permettant d’opérer ces évolutions et de développer de nouvelles compétences, pratiques, actions.

Des moyens pour agir et pour coopérer

2 axes primordiaux :

  • favoriser un meilleur accès des structures aux moyens essentiels pour agir,
  • développer la coopération pour démultiplier leur pouvoir d’action.

3 leviers : 

► L’emploi

Le champ professionnel artistique et culturel (spectacle, musique, audiovisuel, arts visuels …) est constitué majoritairement de très petites structures de moins de dix salarié·e·s, largement issues du champ de l’économie sociale et solidaire. La consolidation de l’emploi, l’organisation du travail et la montée en compétences des équipes salariées et bénévoles sont des enjeux déterminants pour qu’elles s’inscrivent dans la conversion écologique des secteurs. Or, le développement de compétences nouvelles dans des équipes déjà très réduites ou des créations d’emploi dans chaque structure seront difficiles à mettre en œuvre.

Il est nécessaire de penser une ingénierie spécifique pour développer des formes de partages des compétences et de mutualisation de l’emploi.

► Les financements

Investir dans des pratiques écologiques nécessite des moyens financiers nouveaux. Or les dispositifs de financement sont encore largement méconnus des structures culturelles de l’ESS, et mobilisent souvent des compétences  spécifiques sur des questions techniques complexes.

Une ingéniérie financière adaptée et concertée est indispensable pour accompagner les actrices et les acteurs à travers des dispositifs adaptés.

► Le territoire

Riche de ressources, le territoire porte, notamment à travers les initiatives de développement local et d’ESS, des leviers de transition écologique trop méconnus. Il dessine un espace d’interrelations à renforcer pour favoriser les pratiques écologiques. Les structures manquent de méthode, de temps ou de moyens pour s’inscrire dans un écosystème local de transition écologique, qui reste à cartographier et à mieux valoriser. Les structures culturelles ont à investir de nouvelles relations avec leurs partenaires territoriaux et collectivités pour coconstruire des dispositifs efficients permettant d’investir pleinement l’enjeu écologique (mutualisation territoriale, circuits-courts, politique locale de mobilité, etc).

Les espaces de travail

L’UFISC coordonne un groupe de travail sur l’écologie avec l’ensemble de ses membres.

L’UFISC est représenté par le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA) au sein du groupe de travail écologie du Conseil national des professions du spectacle (CNPS).

L’UFISC porte la co-présidence de la Commission Transitions écologiques et Territoires du Conseil supérieur à l’économie sociale et solidaire (CSESS).

L’UFISC participe également aux collectifs de travail :
Arviva
Starter

 

 

 

ECO-ART

L’UFISC et ses membres, en partenariat avec l’université Sorbonne Nouvelle et la foncière culturelle solidaire La Main, portent le projet de recherche ECO-ART. Il vise à recenser et à caractériser les pratiques écologiques des structures artistiques et culturelles, ainsi qu’à analyser leurs conditions de développement local et les disparités territoriales en matière d’accès aux ressources.

En effet, la transition et l’urgence écologiques concernent pleinement les secteurs de la culture. Cependant, pour nombre d’entre eux, les contraintes budgétaires et organisationnelles créent des tensions en limitant les capacités d’action et imposent la recherche de solutions innovantes et réalisables au moindre coût.

Si des exemples de pratiques soutenables peuvent émerger de travaux qualitatifs fondés sur des études de cas, aucune recension systématique n’a été menée ni pour les caractériser, ni pour analyser leurs conditions de développement local et les disparités territoriales en matière d’accès aux ressources. Or, mettre en évidence ces facteurs à l’échelle locale apparaît essentiel pour définir et implémenter des moyens efficaces pour assurer la transition écologique sur l’ensemble du territoire.

L’objectif du projet ECO-ART est d’identifier des démarches écologiques en mettant en évidence les conditions d’essaimage des pratiques d’une structure artistique et culturelle à l’autre, selon leur localisation géographique, modèles économiques, moyens budgétaires et ressources propres.

Dans cet objectif, une enquête complétée par des études de cas permettra :

  • De cartographier les pratiques écologiques des structures artistiques et culturelles.
  • D’identifier les conditions d’essaimage et les disparités territoriales en matière d’accès aux ressources.
  • De porter des propositions de politiques publiques auprès du ministère de la culture, des collectivités territoriales etc.
  • De valoriser les pratiques, démarches et les structures artistiques et culturelles qui les portent.
  • De publier des articles scientifiques portés par la Sorbonne Nouvelle autour de l’enjeu de la transition écologique des structures artistiques et culturelles.

Cette démarche est adossée à un projet européen ALTER-PLACES dans le cadre du programme Creative Europe et permettra un regard croisé avec des pratiques de structures en Europe.

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